
Mahdi Maazolahi, un petit bonhomme aux cheveux drus et noirs et au visage rond, est toujours en mouvement. Agile, il s’active aux côtés du grand Allemand dont le chapeau marron clair orné d’un cordon est désormais une marque distinctive. Hans Supenkämper est satisfait. Les écorces de pistache se sont complètement décomposées, la terre qui s’est formée est finement grumelée, ni trop sèche ni trop humide, et sent bon. Il remet soigneusement la bâche en place car il faut empêcher au maximum l’évaporation dans cette contrée aux allures de désert. Que des roses aussi fournies prospèrent dans cette zone marquée par le manque d’eau tient presque du miracle. Les arbres sont rares, seules quelques traces de vert émaillent la terre aride au cœur de ces montagnes en pleine solitude. On n’entend que le silence qui enveloppe les cueilleuses dans le champ de roses d’à côté. Elles récoltent des pétales de roses de Damas. Sur leurs hanches, elles ont noué des sacs qui se remplissent petit à petit de fleurs fraîchement cueillies. Quand ils sont pleins, elles les vident dans des sacs plus grands qui sont emmenés à la distillerie par leurs maris. Sur le rose vif des buissons, leurs robes et leurs foulards sur la tête se détachent en notes multicolores.
